Une petite maison dans Lescar. Un portail en fer blanc. Et en voix off, un chaleureux « Entrez ! ». C'est comme ça qu'elle vous reçoit Aurélie. Sourire attaché sur un visage qui donne d'emblée confiance, un corps lové dans un slim noir et une veste de tailleur ajustée, cheveux courts, yeux noisette pétillants, cette fille-là a du pep's, c'est sûr !

« Je veux que la personne voie avec qui elle va travailler »

Un pep's qu'elle transmet aujourd'hui à toute personne qui a besoin d'être réorientée, préparée ou reconstruite professionnellement. Son truc c'est de cerner au plus vite le profil de celui ou celle qu'elle accompagne afin de lui révéler ses talents cachés, de lui faire prendre conscience qu'il est unique, de l'amener à faire des choix et l'aider à évoluer. Ne lui parlez pas de coaching, elle déteste ce mot. Guide ? Pas vraiment. Elle se définit plutôt comme quelqu'un qui va co-construire avec vous. Qui va vous faire prendre conscience de votre potentiel et de vos possibilités pour aller plus loin. Transmettre les outils et les démarches qui vous rendront autonome et efficace.

Tout commence par un café, chez elle, dans son bureau : « Je veux que la personne voie avec qui elle va travailler ». Elle prend des notes, donne des outils. « Surtout ne pas se mettre de barrières ». Premier rendez-vous, vous êtes souvent complètement déboussolé. Pas d'inquiétude, elle est là pour remettre de l'ordre. Une sorte de Mary Poppins de la formation. Comme dans la chanson Supercalifragilisticexpialidocious, Aurélie semble avoir le pouvoir de vous sortir d'une situation difficile afin que vous puissiez améliorer voire changer votre vie.

« Il faut comprendre quelles sont les étapes par lesquelles vous passez pour arriver à un résultat. Je me base sur votre vécu pour avancer »

« J’adore l’Océan, plus il est fort, plus il m’apaise ! »

Et Aurélie sait de quoi elle parle. Enfance heureuse, études de langues, voyages, parcours professionnel totalement atypique et rencontres incroyables l'ont amenée dès 2001 à s'orienter dans un domaine qui l'attirait depuis un bon moment : celui de la formation.

« Je suis née en 1972 à Toulouse dans une famille d'intellos bourgeois avec un père Docteur en Chimie et une mère Docteur en Lettres Modernes. En 1976, ils ont eu la possibilité de partir en coopération au Maroc. Là-bas, j'ai eu une enfance fabuleuse. On n'était pas entre français, on s'est vraiment intégrés. Le Maroc est mon second pays. J'ai un lien de cœur avec lui ! »

Aurélie adore s'amuser. Solaire, elle est toujours invitée. Elle pratique la danse sous toutes ses formes, le tennis, les sports co, le body board « J'adore l'Océan, plus il est fort, plus il m'apaise ! ».

« Le retour a été brutal, je m'en suis sortie grâce au sport »

En classe de Première, elle rentre en France. Son père est muté à l'Université de Pau. « Le retour a été brutal, je m'en suis sortie grâce au sport ». Bac littéraire option langues en poche, elle opte pour devenir prof de sport mais son grand-père paternel, polytechnicien, l'en dissuade : « Prof de sport, ce n'est pas un métier ! Choisis une profession où on va te demander ton avis ! ». Douée pour les langues, elle choisit l'anglais « pour pouvoir partir ailleurs, à l'étranger ».

Elle obtient une maîtrise Langue et Civilisation Étrangère spécialisation Anglais et décroche le Certificate in English Proficiency de la prestigieuse université anglaise de Cambridge. C'était en 1996. Année où elle décide d'affronter la douche écossaise - vent et tempêtes - en devenant assistante de Français dans un collège du côté de Glasgow. « Une expérience vraiment sympa, mais ce climat n'était définitivement pas fait pour moi ! »

Retour à Pau, nouvelle question : qu'est-ce-que je fais ?

Une belle opportunité se profile : un poste de chargé d'éducation se libère à l'ambassade de Grande-Bretagne d'Abidjan. Elle postule, passe les premiers obstacles du processus de recrutement, et arrivée dans le carré final, c'est la femme d'un diplomate qui prend la place. Aurélie a de l'énergie à revendre. Parlant l'anglais couramment, elle est prise pour donner des cours du soir pour adultes et le jour, elle enseigne dans deux classes du collège international. Contente de son travail, la direction lui propose un temps complet en tant que prof d'anglais. Elle y restera quatre ans.

« Pour la première fois de ma vie, j'ai eu peur »

Elle rentre en France en 2001 suite à un coup d'état... Le hasard fait bien les choses : un proche qui vit à Paris cherche quelqu'un pour former des salariés d'EDF-GDF à l'utilisation d'un module d'un nouveau logiciel : SAP. « On m'a formée et je me suis littéralement prise au jeu ! J'ai adoré. Et j'avais carte blanche pour les amener à intégrer ce logiciel ». C'est là où Aurélie a apporté un plus dans ce monde assez fermé de l'entreprise. Joueuse, elle aime créer de l'intérêt, faire en sorte que quelque chose de technique devienne ludique : « C'est ce que veulent les entreprises ».

« Si l'on peut ajouter un bon fou rire dans la journée, c'est le plus important »

Pas un hasard si Total, Ventana Aerospace, Euralis ou Michaud Apiculteurs lui font confiance. Elle a su forger avec eux un lien singulier. Aujourd'hui, Aurélie est installée à Lescar et oscille entre consultante en formation – clin d'œil à ses années d'enseignement – et son bureau où elle reçoit sa clientèle d'entreprises ou de particuliers. Pour chaque personne, grâce à la méthode M.O.I.® (Mode Opératoire Identitaire) qu'elle s'est appropriée auprès de son créateur Joël Guillon, elle observe, creuse, échange et trouve les éléments qui permettent à chacun d'évoluer sur le bon chemin.

Tel un scanner, cette méthode amène à comprendre une personne au-delà de son attitude, de ses réactions, de ses comportements et de sa personnalité. « J'aime aller chercher le « serial killer » d'un domaine d'action. » Et pour cette fonceuse inflexible, un peu autoritaire, fofolle, neutre et détendue, « si l'on peut ajouter un bon fou rire dans la journée, c'est le plus important », conclut-elle en regardant amusée la citation de Christophe Colomb encadrée sur le mur de son bureau...

« On ne va jamais aussi loin
que lorsqu’on ne sait pas où l’on va »